18 juin 2010

Syndrôme Carnaval



Comme je vous le disais dans le précédent billet, Fanchon est atteinte du Syndrome Carnaval. Espérons que cela soit temporaire, nous le pensons en tout cas. Mais en quoi consiste ce syndrome ? Vous voulez le savoir bande de curieux, hein ?!

En fait, tout est parti d’une consultation avec une pédopsychiatre. Celle-ci nous avait dit que la plupart des enfants épileptiques pouvait mal vivre les ambiances trop bruyantes. Ceux ci percevraient de manière plus amplifiée les bruits que nous autres. Jusqu'à maintenant nous n’avions jamais remarqué d’attitude particulière de Fanchon face à des sons trop forts si ce n’est quelques manifestations épileptiques si ceux-ci étaient soudains notamment. Eh bien, nous avons eu l’occasion de voir au cours du carnaval de notre quartier, les symptômes de ce syndrome particulier.

Fanchon toute guillerette au préparatif, robe rouge à pois noirs et antennes sur la tête, des courses de long en large dans la maison comme si elle tentait de prendre son envol. Bah quoi, une coccinelle ça vole non ?! Bref, Fanchon à fond dans son rôle durant les répétitions.

Ce fut une autre paire de manche lors de son arrivée dans l’arène carnavalesque. Faut dire, y’avaient des araignées, des princesses, des chevaliers, des cosmonautes, des insectes géants roses, des Sarkozy (véridique, je lui ai caché les yeux, ça lui faisait trop peur !), le tout baigné dans un flot de fanfare brésilienne extrêmement sonore, sifflet, tam-tam. Et je dirais, heureusement pas de pétard. Le décor est planté, le Syndrome Carnaval s'installe.

Fanchon, une fois l’effet de surprise passé, s’est effacée au fur et à mesure qu’elle mijotait dans cette ambiance au volume trop fort. Son expression s’est figée, son regard s’est vidé, ses babillements, signe d’enthousiasme au quotidien, disparurent. La marche était automatique, sans envie. Ce carnaval semblait tenir plus du calvaire que de la franche partie de rigolade. Je me demandais ce que je faisais ici à lui imposer ça. On s’est retrouvé en queue de peloton très vite, pour la protéger de cette joyeuse agression. Et bien là, j’ai ressenti une émotion que jamais je n’avais ressentie jusqu’à présent. Ca m’a pris les tripes, sans que je comprenne tout de suite ce que c’était…Ouais, c’est ça, le sentiment d’être exclu. La fête qui se déroule ne laisse pas de place pour Fanchon. Une triste colère me ronge tranquillement. C'est de ma faute. Je veux disparaître d’ici. Je veux refaire cette journée. Partir de la maison à nouveau avec Fanchon en coccinelle pleine d’envie, moi en tournesol lumineux. Et faire un carnaval avec ses copains sans sifflets aigus, sans musique hurlante laissant la place à ses sourires, ses babillements, ses battements d'ailes.

Parce que ma fille a aussi le droit à la fête.

Elle le mérite, chaque jour.